Jésus est une énigme pour tous les temps.Nous ne le comprenons pas et il est douteux qu’un jour, on y parvienne. La tendance majoritaire est aujourd’hui, devant sa vie, celle de la réduction. Nous le voulons homme parmi les hommes, et rien d’autre. C’est ce qu’un incroyant ne peut pas ne pas penser. Le problème est qu’il juge a priori, rendant ainsi la rencontre, la découverte a posteriori, impossible. On ne rencontre pas quelqu’un sans écouter avec un minimum de respect ce qu’il dit de lui-même. Pour qu’une chance soit donnée d’approcher la vérité de l’existence de Jésus, il nous faut nous tenir devant le mystère de Dieu. Et la seule façon de le faire est d’écouter ce que Jésus dit de lui-même : « En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, qu’il ne le voie faire au Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement » (Jean 5, 19). Certains haussent les épaules en entendant une pareille affirmation et appellent d’urgence les infirmiers psychiatriques ; le problème est réglé rapidement par les « malins », et à peu de frais. D’autres veulent comprendre, en s’efforçant de se placer avec respect du point de vue de la personne qui parle et tout en gardant l’esprit critique ; la rencontre devient possible et une aventure peut-être commence … Dieu est au-delà de notre entendement et ce que nous en affirmons par le chemin qui monte, le chemin de la raison humaine, est difficile et compliqué. Cependant, le chemin qui monte est le même que le chemin qui descend ; les découvertes et les acquis de la raison doivent entrer en accord avec la révélation. La révélation est un don de Dieu présenté à l’assentiment des hommes, les petits et les humbles comme les grands de ce monde. Dieu est libre de se révéler à l’homme, quand il veut et de la manière qu’il veut, n’en déplaise à nos idéologues. Si Dieu existe et s’il s’intéresse aux hommes (et si Dieu est amour, comment ne serait-il pas soucieux pour l’homme ?), alors il n’y a rien qui va contre la possibilité d’une ou de plusieurs révélations de sa part. Ou Dieu s’intéresse à sa création, c’est la certitude affirmée dans toute la bible ; ou Dieu ne s’y intéresse pas, c’est le premier moteur immobile et insensible des philosophes grecs. Si l’amour est en Dieu, alors il ne peut pas se détourner de ce qu’il a fait. Il est partie prenante, il est engagé, même et y compris au cœur des pires atrocités de l’histoire humaine, à la manière d’un crucifié. L’amour veut le bonheur de l’être aimé. Un Dieu amour ne peut que vouloir l’élévation de l’homme et qu’il grandisse librement jusqu’à devenir participant de sa propre vie divine. L’amour est communion, désir d’unité, et la vie de Jésus en est la pleine et entière révélation. L’amour est communion et Dieu, en Jésus, vient partager la vie des hommes pour élever ceux qui le désirent à sa propre vie, à la vie éternelle en Dieu. « Plus que toutes les œuvres de Dieu, ce mystère dépasse l’entendement. Rien de plus extraordinaire pour notre pensée que le Fils de Dieu, vrai Dieu, se soit fait vrai homme » (Thomas d’AQUIN, Somme Contre les Gentils, idem, p 855). Rien de plus extraordinaire ; le mystère dépasse vraiment l’entendement. Serait-ce pour cette raison que nous nous en détournons ? Les hommes modernes, qui se veulent les maîtres de l’univers ne comprennent pas le mystère de Dieu, donc ils ne l’admettent pas, donc ils n’y sont pas. Ils désertent la place. On ne supporte plus aujourd’hui ce qui dépasse l’homme. La révélation de Dieu en Jésus est saisie dans une intuition, une vision. C’est un événement d’une importance telle qu’il change la vie, qu’il la retourne, qu’il la convertit. Les personnes qui entouraient et suivaient Jésus, en Galilée ou en Judée (et celui-ci ne leur a rien dit que venez et voyez par vous-même), ont, à un moment précis, vu en lui plus qu’un être humain : « arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus pose à ses disciples cette question : au dire des gens, qu’est le Fils de l’homme ? Ils dirent : pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Elie ; pour d’autres encore, Jérémie ou quelqu’un des prophètes. Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? Simon-Pierre répondit : tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. En réponse, Jésus lui dit : tu es heureux, Simon, fils de Jonas, car cette révélation t’es venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui es dans les cieux » (MATTHIEU 16, 13-17). La révélation de la divinité de Jésus ne vient ni de la chair, ni du sang, c’est à dire de l’homme ; elle est un don de Dieu. Paul, au premier siècle, dans ses lettres aux habitants de la ville de Corinthe, ne dit pas autre chose : « nous annonçons ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment » (1 Corinthiens 2, 9). Et encore : « il faut se glorifier ? (cela ne vaut rien pourtant) et bien ! j’en viendrai aux visions et révélations du Seigneur. Je connais un homme dans le Christ qui, voici quatorze ans – était-ce en son corps ? je ne sais ; était-ce hors de son corps ? je ne sais ; Dieu seul le sait – cet homme là fut ravi jusqu’au troisième ciel. Et cet homme là – était-ce en son corps, était-ce sans son corps ? je ne sais, Dieu le sait – je sais qu’il fut ravi jusqu’au paradis et qu’il entendit des paroles ineffables, qu’il n’est pas permis à un homme de redire » (2 Corinthiens 1, 4). On peut se moquer des paroles de Paul, de ses visions et de ses révélations, et on ne s’en est pas privé. On peut aussi s’interroger sur cette expérience, avec respect, sans pour autant abandonner tout esprit critique. C’est aujourd’hui une évidence, beaucoup de nos contemporains (ceux à qui on ne la fait pas, les malins) ont pris le parti de rire, et c’est leur droit, de ce qu’ils ne comprennent pas. Ils ne se tiennent plus devant le mystère de Dieu. Ils ont déserté la place. Trop fatiguant, ou trop effrayant, car il nous faut affronter en même temps le mystère de notre propre finitude, la certitude de notre mort. Non, l’homme préfère le divertissement, il préfère s’étourdir. Tout est bon, plaisirs, honneurs, pouvoir, richesses, spectacles médiatiques à profusion et internet en pleine expansion, qui nous détournera un temps de notre avenir qui est la mort, ou la vie éternelle… « on charge les hommes dès l’enfance du soin de leur honneur, de leur bien, de leurs amis, et encore du bien et de l’honneur de leurs amis. On les accable d’affaires, de l’apprentissage des langues et d’exercices…Ainsi on leur donne des charges et des affaires qui les font tracasser dès la pointe du jour. Voilà, direz-vous, une étrange manière de les rendre heureux ! Que pourrait-on faire de mieux pour les rendre malheureux ? Comment ! Ce qu’on pourrait faire ? Il ne faudrait que leur ôter tous ces soins ; car alors ils se verraient, ils penseraient à ce qu’ils sont, d’où ils viennent, où ils vont, et ainsi on ne peut trop les occuper et les détourner. Et c’est pourquoi après leur avoir tant préparé d’affaires, s’ils ont quelque temps de relâche, on leur conseille de l’employer à se divertir, à jouer, et à s’occuper toujours tout entiers » (PASCAL, Pensées, idem, p 66). Ce que le grand Pascal disait en son temps est encore plus évident de nos jours, et il nous faut relire et méditer son célèbre pari. Heureusement, certains en ce début de XXIème siècle font le pari de Dieu et ont de l’homme une haute idée. Ils demeurent devant les questions fondamentales, tel le pape Jean-Paul II : « Qui suis-je ? D’où viens-je et où vais-je ? Pourquoi la présence du mal ? Qu’y aura-t-il après cette vie ? Ces interrogations sont présentes dans les écrits d’Israël, mais elles apparaissent également dans les Védas ainsi que dans l’Avesta ; nous les trouvons dans les écrits de Confucius et de Lao-Tseu, comme dans la prédication de Tirthankaras et de Bouddha ; ce sont encore elles que l’on peut reconnaître dans les poèmes d’Homère ou les tragédies d’Euripide et de Sophocle, de même que dans les traités philosophiques de Platon et d’Aristote. Ces questions ont une source commune : la quête du sens qui depuis toujours est pressante dans le cœur de l’homme, car de la réponse à ces questions dépend l’orientation à donner à l’existence » (JEAN-PAUL II, La Foi et la Raison, Centurion/Cerf/Mame, p 6). Ce texte de Jean-Paul II est ouvert à tous les chants du monde, en sympathie avec les chemins de tous les hommes de bonne volonté. L’avenir est au dialogue entre les religions, sans syncrétisme hâtif, dans le respect des différences. Toutes les religions, toutes les sagesses du monde, cherchent à répondre aux questions essentielles et, pour cela, elles sont toutes respectables. Mais, d’une sagesse orientale comme le bouddhisme à une grande religion comme le catholicisme, il y a plus que de légères différences. Il y a l’incarnation de Dieu en Jésus.
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Rien de plus extraordinaire pour notre pensée qu’un Dieu qui se fait homme. Thomas d’Aquin va s’efforcer, autant que faire se peut, de donner à entendre l’inouï de Dieu, de rendre raisonnable la folie d’amour de Dieu.La réalité de l’incarnation est affirmée par l’Ecriture, vénérée comme parole de Dieu par les chrétiens. « Le Christ-Jésus, étant dans la forme de Dieu n’a pas usé de son droit d’être traité comme un Dieu mais il s’est dépouillé prenant la forme d’esclave. Devenant semblable aux hommes Et reconnu à son aspect comme un homme… » (Lettre aux Philippiens 2, 6 – 7). Jésus-Christ est fatigué par la marche (Jean 4, 6), son âme est triste à en mourir (Jean 14, 34). Il a aimé, il a eu peur et il a eu faim. Il est mort. C’est un homme. Jésus-Christ guérit les malades et ressuscite les morts. Il chasse les démons et pardonne les péchés. Il ose dire que lui et Dieu ne sont qu’un (Jean 10, 30). Il se lève d’entre les morts. C’est un Dieu. Il faut prendre conscience de l’incroyable, de l’inconcevable de cette affirmation : Dieu s’est fait homme. C’est le chemin qui descend, la révélation de Dieu, et il ne peut être différent du chemin qui monte. Il doit en conséquence rendre raison de lui-même. Thomas d’Aquin va s’y employer dans ce qu’il appelle « les convenances ». Une première convenance se rapporte à la fin dernière de l’homme. Cette fin est trop élevée pour l’homme limité et blessé, l’homme réel. Il convenait donc que Dieu se rende accessible aux hommes par l’incarnation, pour qu’ils ne désespèrent pas devant un idéal trop lointain, un idéal inaccessible. Une deuxième convenance apparaît du point de vue de la certitude. Nous n’aurions pas de certitude quant à la connaissance de Dieu si Dieu lui-même ne venait nous dire qui il est. Dieu seul parle bien de Dieu. D’une façon analogue, un homme sera toujours pour nous un inconnu, s’il ne daigne pas, par ses paroles et ses actes, nous révéler ses secrets. Dieu est notre fin dernière, notre béatitude, mais encore faut-il que la volonté de l’homme se dirige vers cette béatitude, sans que sa liberté soit contrainte. Encore faut-il que s’ouvre en lui le désir de Dieu. L’amour ouvre le désir, dirige la volonté et ne contraint pas la liberté. Ainsi, « rien ne provoque à aimer quelqu’un comme d’éprouver l’amour qu’il nous porte. Les hommes ne pouvaient donc attendre de preuve plus efficace de l’amour de Dieu pour eux que de voir Dieu s’unir à l’homme, personnellement, puisque le propre de l’amour est d’unir, autant qu’il est possible, l’amant à l’aimé » (Thomas d’AQUIN, Somme Contre les Gentils, idem, p 914). Toutes les théories des philosophes, tout le raisonnement des plus hautes intelligences humaines ne valent pas l’expérience d’un amour partagé. Il est toujours possible de réfuter une théorie ; il est plus difficile d’être insensible à la réalité d’une vie donnée par amour. L’amitié n’est possible qu’entre deux êtres qui ont beaucoup de points communs. Entre deux hommes, une grande différence ne peut que rarement engendrer l’amitié. Il convient donc que Dieu devienne semblable à l’homme pour qu’une réelle amitié puisse exister entre eux. Nous atteignons notre fin dernière par la qualité de nos actes d’ici-bas, par nos actes vertueux, au sens de la philosophie classique. Il importe que nous soyons encouragés à la vertu. La vertu en effet ne vas pas sans effort ; elle est comme le sommet de l’agir humain, et l’on n’arrive pas au sommet d’une montagne sans effort. Or ce qui nous entraîne et nous porte à l’effort est l’exemple donné par autrui. Nous agissons par imitation, et les qualités ou perfections des personnes que nous rencontrons sont autant de provocations à grandir et à progresser. Nous n’acceptons pas facilement qu’une personne nous soit supérieure, et, si les démons de la jalousie et de l’envie nous sont étrangers, nous tâchons de l’égaler. Ainsi, les exemples des autres, quand ils sont bons, sont de précieux auxiliaires pour nous élever jusqu’à l’excellence ; a contrario, les mauvais exemples de certains de nos contemporains, leurs péchés, nous entraînent vers le bas. Il y a là comme une mystérieuse solidarité du genre humain. Il convenait donc que Dieu, en Jésus, nous soit un exemple. Le péché écarte l’homme de sa fin dernière, qui est Dieu. Tout acte qui écarte l’homme de Dieu est un péché. Le péché est division, il est contraire à la vertu, qui unit et rassemble. Nous sommes avec Thomas d’Aquin, il faut le rappeler, dans un univers ordonné dont la fin est Dieu. Tous les êtres qui tendent vers leur fin sont dans l’ordre ; l’homme qui se tourne librement vers Dieu est dans l’ordre. Ce qui écarte l'homme de Dieu engendre un désordre qu’on appelle le péché. Par exemple, l’orgueil, ou sentiment que nous avons de notre très haute importance, conduit à mépriser nos frères humains, et à croire que l’on peut vivre sans Dieu. L’orgueil est source de division. Il est péché. Si l’on ne conçoit pas la vie humaine dans le cadre de l’univers ordonné de Thomas, alors le péché n’a pas de signification. On peut penser que l’univers n’est, par exemple, qu’un assemblage complexe de molécules et de particules élémentaires. Il ne serait rien d’autre. Dans ce matérialisme épais, la notion de péché est proprement insensée. Dans cet univers, les actes bons sont des actes conformes au bon fonctionnement de la mécanique que nous sommes. Tout ce qui entretient la bonne marche de la machinerie humaine est bon, d’où l’importance dans notre société du médecin ou du psychologue, comparable à l’importance du garagiste quant au bon entretien d’une voiture. Tout ce qui dérègle une mécanique, quelle qu’elle soit, est mauvais. Un grain de sable déréglant une mécanique horlogère de précision est mauvais. Au niveau de la société, selon que l’on se situe dans un univers de type matérialiste individualiste, tout est sacrifié au bon fonctionnement de la mécanique individuelle, et selon que l’on se situe dans un univers de type matérialiste communautaire, comme le communisme, tout est sacrifié au bon fonctionnement de la mécanique sociale. On peut évidemment se prosterner devant le Dieu de la mécanique individuelle ou sociale… Mais il faut admettre que le Dieu de beaucoup de nos concitoyens ne semble être que leur petite personne. Est bon ce qui est bon pour eux et au moment qui leur convient, et mauvais ce qui ne leur convient pas, selon leur humeur et leur fantaisie. On a le Dieu qu’on peut… Mais revenons à Thomas D’Aquin : le péché est ce qui détourne l’homme de Dieu. Les actes mauvais ne sont pas rares dans le genre humain, c’est un euphémisme de le dire, et une énumération exhaustive de ces actes est totalement irréalisable. Les plus anciens le savent quand ils s’en vont un à un au moment où Jésus les interpelle : « Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre » (Jean 8, 7). Et la Samaritaine, femme à la vie légère, s’en va en toute liberté… Mais le fait qu’il ne soit pas rare n’excuse en rien le péché. Le péché offense Dieu puisqu’il prive celui-ci de ce qui lui revient. Comment en effet penser que Dieu, considéré comme un Père ou un Créateur bienveillant, n’ait pas une attente par rapport à l’homme. On ne crée pas en délaissant ce que l’on crée, en s’en désintéressant aussitôt. Nous ne pourrions comprendre un père qui oublierait ses enfants. Ce père du ciel ne serait pas dans une relation analogue aux pères terrestres que nous connaissons, mais équivoque. Dieu s’intéresse à nous et nous lui faisons cette offense de nous désintéresser de lui. Or, une offense ne peut être remise que par celui qui en a été l’objet. C’est pourquoi Dieu lui-même, en Jésus-Christ, est venu remettre l’offense, nous délivrer du péché en nous témoignant sa miséricorde, son amour toujours fidèle malgré nos innombrables infidélités. De plus, si l’on admet que tous les hommes vivent dans le désordre, certains plus, d’autres moins, alors un homme seul ne peut y mettre bon ordre. C’est évident pour les désordres passés et présents. Quant aux désordres futurs, nous sommes à ce point persuadés que ni rien, ni personne ne les empêchera d’advenir que nous en arrivons à prêter une oreille attentive à la doctrine de la réincarnation ! Il convient donc, de ce point de vue aussi, que Dieu lui-même vienne parmi les hommes pour rendre droit ce qui a été dévié. « En ceci s’est manifesté l’amour de Dieu pour nous : Dieu a envoyé son Fils Unique dans le monde Afin que nous vivions par lui. En ceci consiste l’amour : Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, Mais c’est lui qui nous a aimés Et qui a envoyé son Fils En victime de propitiation pour nos péchés ». (1 Jean 4, 9-10). Ces quelques raisons peuvent nous aider à comprendre de quelle façon on peut parler de la convenance de la révélation de Dieu en Jésus. Ces raisons entraîneront-elles nécessairement l’adhésion de nos contemporains ? On peut en douter, car la conversion d’un homme n’est pas affaire de raisonnement, mais bien affaire de cœur. Elle est une grâce, un don, prenant sa source dans l’insondable mystère de Dieu. Il nous appartient seulement, à notre place, d’en témoigner.
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